C'est la première question posée, et la plus mal traitée du secteur. Les prix affichés en ligne comparent rarement les mêmes choses, et les calculs de rentabilité reposent souvent sur des règles qui n'existent plus. Voici ce qui compose réellement un devis solaire, et comment mesurer ce que l'installation vous apporte.
Pourquoi nous ne publions pas de grille tarifaire
Un prix au kilowatt-crête n'a de sens que si l'on précise ce qu'il contient. Deux devis peuvent différer du simple au double pour des raisons parfaitement légitimes : une toiture en tuiles plates ne se traite pas comme une toiture en bac acier, un tableau électrique saturé demande une reprise, et une maison à trois niveaux impose des moyens d'accès différents d'un plain-pied.
Un prix annoncé sans visite technique est un prix qui bougera. Notre étude est gratuite et vous donne un chiffre ferme pour votre situation, ce qui vaut mieux qu'une fourchette qui ne vous engage à rien.
Ce que contient réellement un devis solaire
Sept postes, dont certains passent inaperçus dans les comparaisons rapides :
| Poste | Ce qui le fait varier |
|---|---|
| Les panneaux | Puissance unitaire, rendement, garanties, origine de fabrication |
| L'onduleur | Onduleur central, ou micro-onduleurs si la toiture est complexe ou ombragée |
| La fixation | Type de couverture, pente, surimposition ou intégration |
| Le gestionnaire d'énergie | Nombre d'usages pilotés, condition du taux de TVA réduit |
| Les travaux électriques | État du tableau, longueur des câbles, protections à ajouter |
| La pose et l'accès | Hauteur, échafaudage, configuration du chantier |
| Les démarches | Déclaration en mairie, demande de raccordement, mise en service |
Le poste le plus souvent absent des devis bon marché
Le gestionnaire d'énergie. Sans lui, pas de taux de TVA réduit à 5,5 %, et surtout une autoconsommation qui plafonne autour d'un tiers de la production. Un devis moins cher qui l'omet coûte finalement plus cher à l'usage.
La TVA : 5,5 % ou 20 %, ce n'est pas un détail
Le taux réduit de 5,5 % s'applique aux installations de 9 kWc maximum sur un logement, sous deux conditions cumulatives : des panneaux respectant les critères environnementaux fixés par arrêté, et un gestionnaire d'énergie pilotant au moins deux usages. À défaut, c'est 20 %.
Sur un budget de plusieurs milliers d'euros, l'écart entre les deux taux représente une somme qui dépasse largement le coût du gestionnaire d'énergie. Exigez que le taux applicable figure explicitement sur le devis, et non une mention vague.
Ce que la réforme de juin 2026 a changé au calcul
Pour les demandes de raccordement déposées depuis le 5 juin 2026 :
- • Le surplus injecté est racheté 1,1 c€/kWh hors taxes, contre environ 4 c€ auparavant.
- • La prime à l'autoconsommation est supprimée pour les nouvelles installations en vente du surplus.
La conséquence est directe : la rentabilité ne vient plus de ce que vous vendez, mais de ce que vous n'achetez plus. Un kilowattheure autoconsommé vous fait économiser le prix auquel vous l'auriez acheté. Le même kilowattheure vendu vous rapporte 1,1 centime. L'écart est d'un ordre de grandeur.
Les bénéfices réels, poste par poste
1. La facture d'électricité qui baisse
C'est le bénéfice principal et le seul qui soit mesurable précisément. Il dépend de trois éléments : votre production, la part que vous consommez directement, et le prix du kilowattheure que vous auriez payé. Cette économie se renforce mécaniquement si le prix de l'électricité augmente.
2. Une protection contre la hausse des prix
L'électricité que vous produisez a un coût fixé le jour de l'installation. Celle que vous achetez suit le marché et la fiscalité. Sur vingt ans, c'est une forme d'assurance, difficile à chiffrer à l'avance mais réelle.
3. La valeur du bien
Une installation récente, correctement posée et documentée, entre dans le diagnostic de performance énergétique. Elle constitue un argument à la revente ou à la location, à condition de conserver l'ensemble des documents : factures, attestation de conformité, garanties.
4. Les usages qui deviennent économiques
La recharge d'un véhicule électrique, le chauffe-eau, la climatisation ou la pompe de piscine coûtent nettement moins cher lorsqu'ils fonctionnent sur votre propre production. C'est souvent ce qui fait basculer un projet, plus que la production brute.
Les chiffres dont il faut se méfier
Quatre promesses qui doivent alerter
- • « Autonomie totale » : impossible sans stockage important, et même dans ce cas la production hivernale ne couvre pas tout.
- • « Installation autofinancée » : formule commerciale qui masque un crédit. Demandez le coût total, intérêts compris.
- • « Rentabilité en X années » sans hypothèses : un tel chiffre suppose un prix de l'électricité futur, une consommation stable et un taux d'autoconsommation. Les trois doivent être écrits.
- • Une prime à l'autoconsommation encore annoncée : l'offre n'est pas à jour, et son calcul est faux.
Comment comparer deux devis honnêtement
- 1. Même puissance, même périmètre. Vérifiez que le gestionnaire d'énergie, les démarches et le raccordement figurent dans les deux.
- 2. Même taux de TVA. Un devis à 20 % et un devis à 5,5 % ne se comparent pas ligne à ligne.
- 3. Mêmes hypothèses de production. Demandez la source : les données PVGIS de la Commission européenne sont la référence.
- 4. Mêmes garanties. Garantie produit, garantie de performance, garantie décennale de l'installateur.
- 5. Même qualification. L'attestation RGE QualiPV doit vous être remise par écrit avant signature, sous peine de nullité du contrat.
Et le stockage, faut-il l'ajouter au budget ?
Cela dépend entièrement de votre profil. Une batterie physique représente un investissement matériel sans frais récurrents ; une batterie virtuelle n'installe rien chez vous mais implique un abonnement, des frais sur chaque kilowattheure récupéré et un changement de fournisseur.
Aucune des deux n'est intéressante pour tous les foyers. Notre étude chiffre systématiquement les trois scénarios : sans stockage, avec batterie virtuelle, avec batterie physique. C'est la seule façon de trancher sur des chiffres.
Ce que nous vous remettons
Après la visite technique, notre devis indique la puissance retenue et pourquoi, le matériel avec ses garanties, la production estimée avec ses hypothèses et sa source, le taux de TVA applicable, le périmètre des démarches, et la comparaison chiffrée des scénarios de stockage.
L'étude est gratuite et sans engagement, en Côte-d'Or et dans l'Yonne. Et pour mémoire : le démarchage étant interdit en rénovation énergétique, c'est vous qui nous contactez, jamais l'inverse.