La question revient à chaque visite d'automne : « et en hiver, ça sert à quoi ? ». Elle mérite une réponse chiffrée plutôt qu'une promesse. Voici ce que produit réellement une installation en Bourgogne mois par mois, pourquoi, et comment en tenir compte.
La réponse courte
En Bourgogne, des panneaux orientés sud à sud-ouest produisent en décembre environ un quart de leur production de juin. Sur une installation réelle de 9 kWc en Côte-d'Or, PVGIS donne environ 1 225 kWh en juin et 275 kWh en décembre, pour 10 286 kWh sur l'année. L'hiver ne couvre donc qu'une petite part des besoins ; le dimensionnement se fait sur l'année, pas sur janvier.
Les chiffres d'une installation réelle
L'étude d'une maison de Côte-d'Or (9 kWc, 18 panneaux, pan sud-ouest incliné à 37°, sans ombrage) donne la courbe suivante, calculée avec PVGIS, la base d'ensoleillement de la Commission européenne :
| Mois | Production (kWh) | Part de l'année |
|---|---|---|
| Décembre | environ 275 | moins de 3 % |
| Janvier | environ 380 | près de 4 % |
| Mars | environ 900 | près de 9 % |
| Juin | environ 1 225 | près de 12 % |
| Année | 10 286 | 100 % |
Trois causes se cumulent en hiver : des journées courtes, un soleil bas qui frappe les panneaux de biais, et davantage de nuages. La neige compte peu : elle glisse d'une toiture inclinée en quelques heures de soleil, et un panneau sous la neige ne produit rien le temps qu'elle fonde.
Le vrai problème : l'hiver, on consomme plus
Au moment où la production est au plus bas, la consommation d'une maison est au plus haut : chauffage d'appoint, éclairage, cuisine, voiture rechargée plus souvent. C'est le décalage fondamental du solaire résidentiel en France, et c'est lui, bien plus que la production annuelle, qui décide de la rentabilité.
D'où trois conséquences pratiques :
- • On ne dimensionne jamais une installation pour couvrir l'hiver : elle serait énorme et perdrait tout son surplus d'été, racheté 1,1 c€/kWh HT depuis le 5 juin 2026.
- • Le surplus d'été a de la valeur s'il est stocké : une batterie virtuelle le restitue en hiver, une batterie physique ne couvre que la nuit.
- • Un gestionnaire d'énergie déplace ce qu'il peut vers les heures de production, même en hiver : chauffe-eau à midi plutôt que la nuit.
Orientation et pente comptent plus en hiver
Le soleil d'hiver est bas : un pan incliné (30 à 40°) et orienté sud capte mieux en décembre qu'un pan presque plat. À l'inverse, un ombrage lointain, coteau de la côte viticole ou maison voisine, coupe le soleil de fin d'après-midi en hiver alors qu'il ne gêne pas en été. C'est ce que la simulation 3D des ombrages vérifie, pan par pan.
Ce qu'il faut attendre, et ne pas attendre
En hiver, les panneaux couvrent une partie de la consommation de jour par beau temps, et presque rien par journée grise. Ils ne remplacent pas le chauffage. Leur valeur se joue de mars à octobre, et la batterie virtuelle est ce qui transporte cette valeur jusqu'en janvier. Une étude sérieuse montre la courbe mensuelle plutôt qu'un total annuel : notre guide comment lire une étude solaire explique où la trouver.
Et chez vous ? La simulation en ligne donne la production mois par mois à partir de votre adresse, et la visite technique fait le reste. Voir aussi panneaux solaires à Dijon et à Auxerre.