Une étude solaire sérieuse n'est pas un devis avec une photo de toit : c'est un calcul qui part de votre consommation, estime ce que votre toiture peut produire, et en déduit ce que vous consommerez vous-même et ce que vous économiserez. Le problème, c'est qu'elle mélange des données mesurées et des hypothèses, et que les secondes sont souvent celles qui font le résultat. Ce guide prend une étude réelle que nous avons produite, anonymisée, et explique page par page ce qu'elle dit et ce qu'il faut vérifier.
1. L'exemple : une maison de Côte-d'Or, 9 kWc
Maison individuelle en Côte-d'Or, pan de toiture orienté sud-ouest (228°), pente de 37°, sans ombrage. L'étude propose 18 panneaux de 500 Wc, soit 9 kWc, avec micro-onduleurs, un gestionnaire d'énergie et une batterie virtuelle. L'outil utilisé récupère la consommation réelle du compteur Linky et l'ensoleillement de la base européenne PVGIS. L'offre, batterie virtuelle comprise, s'élève à 16 644,74 € TTC, soit 15 777 € HT au taux de TVA de 5,5 %.
Retenez les quatre chiffres que toute étude devrait vous donner, et que nous allons lire un par un :
- • Production annuelle : 10 286 kWh.
- • Autoconsommation : 99 % avec batterie virtuelle, 38 % sans.
- • Autonomie : 65 % des besoins couverts par le solaire.
- • Coût du kWh produit : 0,0539 € sur 30 ans.
2. La consommation : mesurée, puis projetée
C'est la première page à lire, et la plus importante. Dans notre exemple, le compteur Linky donne une consommation réelle de 5 726 kWh par an, en heures pleines et heures creuses, mois par mois. C'est une donnée mesurée : on peut lui faire confiance.
Puis l'étude ajoute un équipement à venir, une voiture électrique, et passe à une consommation projetée de 15 735 kWh, soit près du triple. Cette projection n'est plus une mesure : c'est une hypothèse, construite à partir d'un profil moyen. Elle change tout le reste de l'étude, car une maison qui consomme trois fois plus utilise beaucoup mieux sa production solaire.
Question à poser : la consommation projetée correspond-elle à ce que je vais réellement faire ? Si la voiture électrique n'est pas certaine, demandez l'étude sans elle. Si elle l'est, vérifiez le kilométrage retenu. Une étude honnête distingue clairement « mesuré » et « projeté » ; la nôtre l'indique sur chaque page concernée.
3. La production et le coût du kWh produit
La production annuelle, 10 286 kWh ici, vient de PVGIS, la base d'ensoleillement de la Commission européenne, appliquée à l'orientation, à la pente et à la puissance de l'installation. C'est une estimation fiable en moyenne sur plusieurs années ; une année donnée peut s'en écarter de quelques pour cent.
Le graphique mois par mois montre l'essentiel du solaire : la production est quatre fois plus forte en juin qu'en décembre, alors que la consommation d'une maison est plus élevée en hiver. Tout le problème de l'autoconsommation est là.
Le coût du kWh produit est le chiffre le plus utile pour comparer deux offres : le coût total de l'installation divisé par tous les kWh qu'elle produira sur sa durée de vie. Ici, 0,0539 € par kWh sur 30 ans, contre 0,254 € en heures pleines et 0,19 € en heures creuses payés au réseau dans le contrat retenu. Deux vérifications : la durée de vie retenue (30 ans correspond à la garantie de rendement des panneaux) et le prix du réseau utilisé pour la comparaison.
4. Où va l'électricité produite
La page « décomposition de la consommation » répond à la vraie question : sur ce que je consomme, quelle part vient de mes panneaux ? Dans l'exemple, sur 15 735 kWh consommés :
- • 3 933 kWh (25 %) sont consommés directement pendant que les panneaux produisent ;
- • 6 257 kWh (40 %) sont restitués par la batterie virtuelle, le soir et en hiver ;
- • 5 545 kWh (35 %) restent achetés au réseau ;
- • 96 kWh de surplus ne trouvent pas preneur.
C'est de là que viennent les deux taux affichés. L'autoconsommation (99 %) est la part de la production que la maison utilise, directement ou via la batterie virtuelle. L'autonomie (65 %) est la part de la consommation couverte par le solaire. Les deux sont souvent confondus : un taux d'autoconsommation élevé ne veut pas dire qu'on n'achète plus rien au réseau.
5. Avec ou sans batterie virtuelle
La page « impact de la batterie virtuelle » compare les deux scénarios : 38 % d'autoconsommation sans, 99 % avec. L'écart est énorme parce que, sans stockage, tout ce qui est produit à midi et non consommé part sur le réseau, où le surplus des nouvelles installations est racheté 1,1 c€/kWh HT depuis le 5 juin 2026, soit presque rien.
Mais une batterie virtuelle n'est pas gratuite : c'est un abonnement. Ici, 21,99 € TTC par mois, que l'étude compte bien dans ses économies sur 15 ans (3 958 € déduits), et un raccordement de 279 €. Vérifiez que ces coûts figurent dans le calcul ; une étude qui affiche 99 % d'autoconsommation sans déduire l'abonnement surestime le gain. Notre page sur la batterie virtuelle détaille le fonctionnement et les cas où elle n'est pas rentable.
6. Économies, retour sur investissement : lire les hypothèses
Les pages financières sont les plus séduisantes, et celles où il faut le plus de recul. Dans l'exemple : 46 195 € d'économies totales sur 15 ans, 29 271 € de gains nets après déduction du coût du projet, retour sur investissement en 7 ans, rendement de 14 % par an. Trois hypothèses portent ces chiffres :
- 1. Le prix de l'électricité retenu : 0,254 € en heures pleines, 0,19 € en heures creuses. C'est le tarif du contrat projeté, pas forcément celui que vous payez aujourd'hui ; comparez avec votre facture.
- 2. La hausse annuelle du prix : +5 % par an pendant 15 ans. Sur quinze ans, cette hypothèse double le prix du kWh. Les prix ont bien monté ces dernières années, mais personne ne connaît les quinze prochaines ; demandez le résultat avec une hausse plus modérée, 2 ou 3 %, pour voir ce qui reste.
- 3. L'horizon : 15 ans pour les économies, 30 ans pour le coût du kWh. Plus l'horizon est long, plus le total impressionne. Le chiffre le plus robuste reste le temps de retour : ici 7 ans, à relire avec une hausse de prix prudente.
Enfin, l'écart entre 24 558 € d'économies sans batterie et 46 195 € avec tient entièrement à la consommation projetée : c'est parce que la maison est censée consommer 15 735 kWh que la batterie virtuelle restitue autant. Si la consommation réelle reste à 5 726 kWh, le gain de la batterie, et le gain total, seront très inférieurs. C'est la raison pour laquelle le point 2 de ce guide est le premier à vérifier.
7. Ensoleillement, ombrage, implantation
Les pages « analyse d'ensoleillement » et « analyse de l'ombrage » montrent la toiture vue du ciel, avec les pans colorés selon leur potentiel, puis une simulation en trois dimensions des ombres portées par les bâtiments et les arbres voisins. Dans l'exemple, le pan sud-ouest reçoit 18 panneaux avec 0 % d'ombrage.
Ce que cette page ne remplace pas : la visite dans les combles. L'état de la charpente, la couverture, les crochets à utiliser ne se voient pas sur une image satellite. Nos guides sur les toitures de Dijon et d'Auxerre expliquent ce que nous vérifions sur place avant de confirmer une étude.
8. Le matériel et l'offre
La page « équipements » doit nommer chaque composant, sa quantité et sa garantie : ici 18 modules de 500 Wc bifaciaux garantis 25 ans (30 ans de garantie de rendement), 9 micro-onduleurs garantis 25 ans, le gestionnaire d'énergie et le forfait de batterie virtuelle avec sa capacité souscrite. Une étude qui ne nomme pas le matériel ne permet pas de comparer.
La page « offre » donne le prix TTC, le prix HT et le taux de TVA. Le taux de 5,5 % s'applique sous conditions aux installations résidentielles jusqu'à 9 kWc ; vérifiez qu'il figure bien et que les conditions sont remplies. Les démarches (mairie, raccordement, Consuel) doivent être listées : dans l'exemple, elles sont prises en charge par l'installateur.
9. Les questions à poser avant de signer
- • D'où vient la consommation de départ : compteur, facture, ou profil moyen ?
- • Quels équipements futurs ont été ajoutés, et sont-ils certains ?
- • Quel prix du kWh et quelle hausse annuelle ? Que donne l'étude avec une hausse de 2 % ?
- • L'abonnement de la batterie virtuelle et le raccordement sont-ils déduits ?
- • Orientation, pente et ombrage viennent-ils de ma toiture ou d'une moyenne ?
- • Le matériel est-il nommé, avec garanties et quantités ?
- • Une visite technique dans les combles est-elle prévue avant le devis définitif ?
Une bonne étude résiste à ces questions. Celle de l'exemple y répond, à une réserve près que nous assumons : ses chiffres de rentabilité dépendent d'une voiture électrique à venir et d'une hausse de 5 % par an. C'est écrit dans l'étude ; encore faut-il le lire. Pour obtenir la vôtre, à partir de votre adresse et de votre facture, lancez la simulation : elle vous donne les quatre chiffres clés en deux minutes, la visite technique fait le reste.
La Checklist Essentielle
- D’où vient la consommation : compteur Linky, facture, ou profil moyen ?
- La consommation projetée correspond-elle à mes usages réels et à venir ?
- Quel prix du kWh et quelle hausse annuelle sont retenus ?
- Sur combien d’années les économies sont-elles calculées ?
- Le coût de l’abonnement de la batterie virtuelle est-il compté ?
- Orientation, pente, ombrage : l’analyse part-elle de ma toiture ou d’une moyenne ?
- Marques, garanties et nombre de panneaux figurent-ils noir sur blanc ?
Questions Fréquentes
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