Beaucoup de projets solaires démarrent à l'envers : on regarde la surface de toiture disponible, puis on cherche à la remplir. Une installation bien dimensionnée part de votre consommation, pas de vos mètres carrés. Depuis la réforme de juin 2026, cette distinction n'est plus un détail : elle décide de la rentabilité du projet.
Pourquoi la méthode a changé en 2026
Pour les demandes de raccordement déposées depuis le 5 juin 2026, le surplus injecté sur le réseau est racheté 1,1 c€/kWh hors taxes, contre environ 4 c€ auparavant. La prime à l'autoconsommation a par ailleurs été supprimée pour les nouvelles installations en vente du surplus.
Autrement dit, un kilowattheure que vous ne consommez pas ne vous rapporte presque plus rien. Produire beaucoup n'a plus d'intérêt en soi ; produire ce que vous utilisez en a un. Toute estimation sérieuse commence donc par votre facture.
Le réflexe à garder
Si une offre reçue vous promet une rentabilité fondée sur la revente du surplus ou sur la prime à l'autoconsommation, elle n'est pas à jour. Le calcul qui l'accompagne est faux.
Étape 1 : lire votre facture d'électricité
Trois informations suffisent, et elles figurent toutes sur votre facture annuelle ou dans votre espace client :
- • Votre consommation annuelle en kWh. C'est le point de départ de tout dimensionnement.
- • Votre puissance souscrite en kVA. Elle indique ce que votre installation peut encaisser, et si un changement sera nécessaire pour ajouter une borne de recharge.
- • Votre répartition heures pleines et heures creuses, si vous avez cette option. Elle révèle quand vous consommez réellement.
Un foyer chauffé à l'électricité consomme typiquement plusieurs fois ce que consomme un foyer chauffé au gaz, à surface égale. Cette seule donnée change tout le dimensionnement.
Étape 2 : estimer la production possible chez vous
La Commission européenne met à disposition un outil public et gratuit, PVGIS, qui calcule la production attendue à partir de données météorologiques réelles. Vous y saisissez votre adresse, l'orientation et l'inclinaison de votre toiture, et la puissance envisagée.
C'est la même source que celle utilisée par les professionnels sérieux. Elle vous permet de vérifier qu'une estimation reçue ne surestime pas la production.
Ce que vaut l'ensoleillement en Bourgogne
Une idée reçue tenace veut que le solaire soit réservé au sud de la France. En pratique, la Côte-d'Or et l'Yonne se situent dans une moyenne nationale correcte, et l'écart avec la région lyonnaise est plus faible que la plupart des gens l'imaginent. L'Allemagne, dont l'ensoleillement est inférieur au nôtre, est l'un des premiers parcs solaires d'Europe.
Ce qui pèse davantage que la latitude, ce sont trois facteurs locaux :
- • L'orientation. Le plein sud reste optimal, mais une toiture est-ouest produit sur une plage horaire plus large, ce qui sert justement l'autoconsommation.
- • L'inclinaison. Autour de 30 à 35 degrés en Bourgogne, ce que donnent la plupart des toitures à deux pans.
- • Les ombrages. Un arbre, une cheminée, un bâtiment voisin, un relief. C'est le facteur le plus sous-estimé, et le seul qui se vérifie sur place.
Étape 3 : déterminer la puissance utile
La puissance s'exprime en kilowatts-crête (kWc). Le réflexe consiste souvent à viser le maximum ; depuis 2026, c'est rarement le bon calcul.
| Votre situation | Ce qui oriente le dimensionnement |
|---|---|
| Chauffage au gaz, absence en journée | Installation modeste, ou stockage pour décaler l'usage |
| Chauffage électrique ou pompe à chaleur | Forte consommation hivernale : la question du stockage se pose |
| Télétravail, présence en journée | Le cas le plus favorable : consommation directe élevée |
| Véhicule électrique | La recharge peut absorber une large part de la production |
| Piscine, climatisation | Consommation d'été, qui coïncide avec la production |
Le seuil des 9 kWc
Ce seuil n'est pas arbitraire. Le taux de TVA réduit à 5,5 % s'applique aux installations de 9 kWc maximum sur un logement, sous conditions : panneaux respectant les critères environnementaux fixés par arrêté, et présence d'un gestionnaire d'énergie pilotant au moins deux usages. Au-delà, ou sans ces conditions, le taux passe à 20 %. Le taux réellement applicable à votre situation doit figurer sur le devis.
Étape 4 : estimer votre taux d'autoconsommation
C'est la part de votre production que vous utilisez directement, sans passer par le réseau. Sans pilotage particulier, elle se situe souvent autour d'un tiers : vous produisez en milieu de journée, quand la maison est vide.
Trois leviers l'améliorent nettement :
- • Le gestionnaire d'énergie, qui déclenche le chauffe-eau, la pompe de piscine ou la borne de recharge quand la production est là. C'est aussi une condition du taux de TVA réduit.
- • Le décalage des usages : lave-linge et lave-vaisselle programmés en milieu de journée.
- • Le stockage, physique ou virtuel, qui reporte le surplus au soir et en hiver.
Étape 5 : ce qu'une estimation en ligne ne peut pas voir
Les outils gratuits donnent un ordre de grandeur utile. Ils ne remplacent pas une visite, parce que six points ne se vérifient que sur place :
- • L'état de la couverture. Une toiture à refaire dans cinq ans change tout le raisonnement.
- • La charpente et sa capacité à supporter le poids des panneaux.
- • Le tableau électrique : place disponible, protections existantes.
- • Les ombrages réels, aux différentes heures et saisons.
- • Les contraintes d'urbanisme, notamment en centre ancien ou dans le périmètre d'un monument historique. Dijon comme Auxerre comptent de nombreuses zones concernées.
- • Le chemin des câbles entre les panneaux, l'onduleur et le tableau.
Une précision locale qui compte
En Côte-d'Or et dans l'Yonne, une part importante du bâti est ancienne et située en secteur protégé. L'avis de l'Architecte des Bâtiments de France peut être requis, et il oriente parfois le choix du pan de toiture ou de la teinte des panneaux. Ce point se vérifie avant l'étude financière, pas après.
Un ordre de marche simple
- 1. Relevez votre consommation annuelle et votre puissance souscrite.
- 2. Notez vos usages : chauffage, eau chaude, véhicule, piscine, présence en journée.
- 3. Testez une puissance sur PVGIS avec votre adresse réelle.
- 4. Estimez la part que vous consommeriez directement.
- 5. Demandez une visite technique pour confirmer, avec un installateur qualifié RGE QualiPV.
Cette préparation ne prend guère plus d'une heure, et elle change la nature de la discussion : vous arrivez avec vos chiffres plutôt qu'avec une page blanche.
Et à Dijon ou à Auxerre, concrètement
SOLIO ENR intervient depuis Marsannay-la-Côte et Auxerre. Notre étude part de votre facture, s'appuie sur les données PVGIS de votre adresse exacte, et compare systématiquement votre projet avec et sans batterie virtuelle. Elle indique le taux de TVA réellement applicable et ce qui reste à votre charge.
Un dernier repère utile : le démarchage est interdit pour les travaux de rénovation énergétique, par téléphone comme par SMS, e-mail ou réseaux sociaux. Une sollicitation spontanée est en soi un signal d'alerte.